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Salut

Ben voilà c'est fini, on va bientôt se faire virer de l'écluse.

On vous la fait court : en février 2018 on a perdu le procès qui dure depuis 2015 contre le Grand Reims et depuis c'est appel, reports, menaces d'huissier et nouveau procès pour que le tribunal autorise Grand Reims à faire appel à la force publique pour nous expulser de la Maison. Le tribunal a pris sa décision le 3 avril, elle nous est parvenue aujourd'hui le 12 avril : expulsion sans délai. Cela arrivera demain à 6h, ou samedi, ou lundi, on ne sait pas..

(mise à jour 01/05 : après leurs vacances au ski, les élus de notre agglo ont demandé à l'huissier et leurs sbires de venir changer les serrures, des barricader la maison et de déposer le permis de démolir sur la maison)

On n'a pas communiqué là-dessus sans doute parce qu'on ne trouvait pas trop les mots, parce qu'on est dégoûtés et fatigués de cette histoire qui dure, parce qu'on a quand même espéré et bossé pour y arriver, à pérenniser cet endroit, parce qu'on y était presque. On s'est fait avoir au jeu des procédures administratives, il y a peut être des choses qu'on aurait pu faire pour éviter ça mais on ne va pas refaire le match.

L'écluse aura vécu 8 ans, beau score pour un lieu autogéré dans une ville qui a l'habitude de détruire ce genre d'initiatives en quelques mois. Durant ces années cette maison aura accueilli tellement de personnes différentes, de musiques, d'idées saugrenues, de belles choses, des échecs comme des morceaux de bravoure, des nuits sans jour, des lendemains qui chantent, des périodes difficiles, des explosions d’énergie et de vie.. Un projet boiteux comme c'est pas permis, tentant de s'émanciper des systèmes marchands et capitaliste, porté par la seule énergie et la bonne volonté d'individu.e.s qui partagent cette sensation que tout est possible, qu'il se passe dans ce lieu quelque chose de rare, de précieux et de fragile et qu'il faut se battre pour le préserver. Le genre de truc qui ne tient pas dans un Cerfa..

L'ironie de la situation c'est qu'avec tout l'argent que la Nécropole rémoise aura mis dans ces procédures pour nous virer, elle aurait sans doute pu remettre aux normes une bonne partie du bâtiment ! La volonté de nos politicien.ne.s locaux est de nous virer, il.le.s sont sur le point de réussir tout en ne proposant aucune solution aux problématiques locales qui trouvent un début de réponse à l'écluse, en refusant tout dialogue et en stigmatisant sans complexe et publiquement le lieu et ses usagers. Bravo, belle performance..

Ces personnes aux beaux discours sur le bien vivre ensemble, le dynamisme de notre ville, la glorification des initiatives individuelles détruisent un lieu qui abrite un atelier vélo, un jardin partagé, une web radio, un local de répétition, une cantine, un café associatif, un espace d'expression, des hérissons, des oiseaux de passage et des êtres humains qui aiment s'y retrouver et s'y découvrir.. Un lieu qui vit depuis 8 ans sans subvention et envers lequel aucune plainte n'a jamais été déposées à part celles des politiques.. Derrière les histoires formelles de normes et de travaux c'est clairement un procès politique que l'agglomération rémoise a porté et remporté.

Leur projet est de raser la Maison pour construire un immeuble, avec aux manettes de ce beau projet Reims Habitat, Grand Reims et Agencia. Dans les instances décisionnaires de ces trois structures qui jouent au Monopoly avec notre ville on retrouve les mêmes personnes qui nous ont assigné en justice. Entre une bande de joyeux drilles qui réparent des vélos et font pousser des patates, et un projet immobilier réunissant un EPIC, un EPCI et une SEM dans une ôde gentrificationnaire et spéculative, ces poètes du vieux monde poursuivent leurs projets nauséabonds et excluants.

Tout ce qu'on espère c'est qu'à force de frustrations vienne l'envie à des personnes éclairées de défoncer des portes pour s'exprimer en dehors des systèmes marchands et institutionnels, de mettre au placard la résignation et la morosité pour ré-inventer leur présent et imaginer leur futur, de donner une consistance à leurs rêves, en laissant la porte ouverte aux courants d'air.

L'écluse.


Bienvenue

Un peu d’histoire...
L’écluse est un centre social autogéré, une maison dans laquelle plusieurs dizaines de personnes vivent et/ou développent des projets personnels ou collectifs alliant travail, échange de savoirs-faire, information et convivialité. En bientôt deux ans d’existence, L’écluse a permis la mise en place de près de trois cents projets, de la soirée concert au développement d’un potager communautaire, en passant par l’édition d’un fanzine collectif. C’est la nature même du lieu, ouverte, non contrainte à la rentabilité et axée sur l’implication de chacun, qui a rendue possible la grande diversité de ces projets.

Ouvert en décembre 2011, L’écluse est un squat, c’est-à-dire un bâtiment occupé sans droit ni titre. Une telle occupation est certes illégale, mais légitime à nos yeux. Racheté en 2006 par Reims Métropole puis laissé à l’abandon, condamné à une démolition certaine, l’ancien Café de la Cerisaie a ainsi trouvé une vie nouvelle grâce à la seule motivation des individu-es qui s’y investissent.

Suite à une procédure d’expulsion initiée par Reims Métropole en plein hiver 2011-2012, des négociations ont été entamées pour envisager une pérennisation du projet. Sous la pression des officiels, une association a été créée en août 2012 pour poursuivre ce dialogue, aboutissant à un projet de bail de type emphytéotique validé par le conseil communautaire il y a déjà plusieurs mois.


Aujourd’hui :
Dans un courrier daté du 11 octobre 2013, la mairie nous somme de nous acquitter de 6.300 € de frais notariaux sous quinze jours, ce qui signifierait notre acceptation du bail. Seulement voilà, ce bail nous ne pouvons décemment pas accepter de le signer.

Nous avons en effet exprimé à la mairie notre souhait de revenir sur certains articles du bail, une demande restée pour l’instant vaine. Pourtant ces articles touchent à des points cruciaux de notre projet et remettent en cause son intégrité :

– l’obligation de remise aux normes du bâtiment en moins de trois ans, alors que les architectes et maîtres d’œuvre rencontrés la disent impossible en moins de huit ans compte tenu de nos moyens financiers et humains ;
– le paiement des impôts locaux, élevés pour une bâtisse abandonnée le long du canal, remettent en cause notre principe de non-rentabilité ;
– le droit de visite permanent du lieu par Reims Métropole et ses services, inacceptable puisqu’il s’agit d’un lieu de vie, nous expose beaucoup trop au jeu des politiques.

Ce bail, rédigé sans notre concertation, la mairie entend bien nous le faire accepter sans même prendre en compte les problèmes que nous soulevons. Et c’est sous la forme d’un ultimatum qu’elle décide de clore les négociations qui n’ont pour l’instant eu lieu que dans un seul sens.


Demain ?
L’avenir du lieu est aujourd’hui encore plus incertain qu’hier.
La trêve hivernale s’annonçant, les politiques se pressent pour en finir avec cette histoire avant qu’une expulsion ne soit synonyme d’une trop importante mauvaise publicité. L’échéance électorale de l’année prochaine en tête, la communauté d’agglomération et la mairie de Reims cherchent une fin d’histoire toute à leur honneur, pouvant arguer d’un an et demi de négociations, quand bien même restées unilatérales. Une telle politique s’inscrit dans le virage encore plus sécuritaire pris par le parti au pouvoir, qui se traduit par l’expulsion de plusieurs squats, comme par exemple à Lyon où plus de 80 personnes se retrouvent sans logement.


Si cela vous touche ou si vous êtes simplement curieux, n’hésitez pas à venir en discuter avec nous, nos portes vous sont ouvertes, pour l’instant...

Le 19 octobre par le Collectif de l’écluse.

Dernières actus

21 juin 2019 : Cimerjack 7 / musique / bouffe / DIY !

Ben voilà, c'est fini..

Salut

Ben voilà c'est fini, on va bientôt se faire virer de l'écluse.

On vous la fait court : en février 2018 on a perdu le procès qui dure depuis 2015 contre le Grand Reims et depuis c'est appel, reports, menaces d'huissier et nouveau procès pour que le tribunal autorise Grand Reims à faire appel à la force publique pour nous expulser de la Maison. Le tribunal a pris sa décision le 3 avril, elle nous est parvenue aujourd'hui le 12 avril : expulsion sans délai. Cela arrivera demain à 6h, ou samedi, ou lundi, on ne sait pas..

(mise à jour 01/05 : après leurs vacances au ski, les élus de notre agglo ont demandé à l'huissier et leurs sbires de venir changer les serrures, des barricader la maison et de déposer le permis de démolir sur la maison)

On n'a pas communiqué là-dessus sans doute parce qu'on ne trouvait pas trop les mots, parce qu'on est dégoûtés et fatigués de cette histoire qui dure, parce qu'on a quand même espéré et bossé pour y arriver, à pérenniser cet endroit, parce qu'on y était presque. On s'est fait avoir au jeu des procédures administratives, il y a peut être des choses qu'on aurait pu faire pour éviter ça mais on ne va pas refaire le match.

L'écluse aura vécu 8 ans, beau score pour un lieu autogéré dans une ville qui a l'habitude de détruire ce genre d'initiatives en quelques mois. Durant ces années cette maison aura accueilli tellement de personnes différentes, de musiques, d'idées saugrenues, de belles choses, des échecs comme des morceaux de bravoure, des nuits sans jour, des lendemains qui chantent, des périodes difficiles, des explosions d’énergie et de vie.. Un projet boiteux comme c'est pas permis, tentant de s'émanciper des systèmes marchands et capitaliste, porté par la seule énergie et la bonne volonté d'individu.e.s qui partagent cette sensation que tout est possible, qu'il se passe dans ce lieu quelque chose de rare, de précieux et de fragile et qu'il faut se battre pour le préserver. Le genre de truc qui ne tient pas dans un Cerfa..

L'ironie de la situation c'est qu'avec tout l'argent que la Nécropole rémoise aura mis dans ces procédures pour nous virer, elle aurait sans doute pu remettre aux normes une bonne partie du bâtiment ! La volonté de nos politicien.ne.s locaux est de nous virer, il.le.s sont sur le point de réussir tout en ne proposant aucune solution aux problématiques locales qui trouvent un début de réponse à l'écluse, en refusant tout dialogue et en stigmatisant sans complexe et publiquement le lieu et ses usagers. Bravo, belle performance..

Ces personnes aux beaux discours sur le bien vivre ensemble, le dynamisme de notre ville, la glorification des initiatives individuelles détruisent un lieu qui abrite un atelier vélo, un jardin partagé, une web radio, un local de répétition, une cantine, un café associatif, un espace d'expression, des hérissons, des oiseaux de passage et des êtres humains qui aiment s'y retrouver et s'y découvrir.. Un lieu qui vit depuis 8 ans sans subvention et envers lequel aucune plainte n'a jamais été déposées à part celles des politiques.. Derrière les histoires formelles de normes et de travaux c'est clairement un procès politique que l'agglomération rémoise a porté et remporté.

Leur projet est de raser la Maison pour construire un immeuble, avec aux manettes de ce beau projet Reims Habitat, Grand Reims et Agencia. Dans les instances décisionnaires de ces trois structures qui jouent au Monopoly avec notre ville on retrouve les mêmes personnes qui nous ont assigné en justice. Entre une bande de joyeux drilles qui réparent des vélos et font pousser des patates, et un projet immobilier réunissant un EPIC, un EPCI et une SEM dans une ôde gentrificationnaire et spéculative, ces poètes du vieux monde poursuivent leurs projets nauséabonds et excluants.

Tout ce qu'on espère c'est qu'à force de frustrations vienne l'envie à des personnes éclairées de défoncer des portes pour s'exprimer en dehors des systèmes marchands et institutionnels, de mettre au placard la résignation et la morosité pour ré-inventer leur présent et imaginer leur futur, de donner une consistance à leurs rêves, en laissant la porte ouverte aux courants d'air.

L'écluse.


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Ils sont tout beaux, et s'ils ont quelques défauts c'est ce qui fait leur charme !

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mise à jour : 24/12/19

 

 

 

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